Recommander

Infos en continu

  • Flux RSS des articles
Vendredi 2 juin 2006
Ségolène Royal n’est que la dernière spécialiste d’un système politique qui a prouvé depuis longtemps ses graves perturbations. La seule rupture qu’elle incarne, c’est de faire perdre aux femmes le privilège d’une certaine honnêteté professionnelle. Au contraire, elle pousse encore un peu plus loin le détournement démocratique. Pourquoi ?  Parce qu’à la pure démagogie Mitterrandienne, elle rajoute la flatterie en qualifiant les gens d’experts, mais en se réservant surtout le rôle de décider elle-même de toutes façons. Misant avant tout sa campagne électorale sur la séduction en privilégiant la popularité aux solutions concrètes, elle axe toute sa stratégie sur l’angoisse, le désir et l’espoir de toute une population. Plus la situation et les problèmes sont dramatiques, plus l’effet en est garanti. L’ennui majeur dans tout cela, c’est qu’elle n’a pas de solution aux problèmes dont elle prétend nous libérer. Ceci est la définition exacte de la démagogie. On peut citer à cet exemple l’excellente définition du Robert, démagogie : « politique par laquelle on flatte, on exploite les sentiments, les réactions des masses ». Comme à l’habitude, les déceptions seront à la hauteur des espérances, c’est-à-dire encore plus grandes et encore plus dramatiques.

Sa modernité consiste surtout à mettre la barre un peu plus haut sur la séduction et le masque médiatique politique. L’essentiel de sa motivation et de son énergie débordante se concentre sur l’occupation du terrain électoral et médiatique, ceci au détriment de l’analyse et de la recherche de solutions. À vouloir être partout, elle finit surtout par ne plus être là où elle devrait être : dans sa région pour s’occuper des problèmes pour lesquels elle est élue et rémunérée, et utiliser son trop plein d’énergie pour trouver des idées et des solutions à nos problèmes. Ce n’est certainement pas en perpétuant la grande valse des poignées de mains, des meetings et des inaugurations et en s’habillant de blanc qu’elle va révolutionner l’efficacité démocratique.

Personne n’a le droit de critiquer la Royale Ségolène, pourtant elle-même ne se gène pas pour donner des leçons de morale, c’est même son dada. Ceux qui la côtoient professionnellement témoignent depuis longtemps de son abus de pouvoir médiatique car elle est loin de faire ce qu’elle prêche dans sa démocratie participative, ne faisant en réalité que ce qu’elle veut dans les fonctions qui lui sont confiées. C’est pour toutes ces raisons qu’on ne peut pas plus lui faire confiance qu’aux autres pour résoudre les problèmes de la France, bien au contraire. Si la méthode est plus élégante, elle n’en est que plus dangereuse, car elle annihile nos défenses naturelles pour encore plus de déception politique.

Le cœur du problème Royal, c’est que contrairement aux autres politiciens, son langage et ses véritables idées sont très difficiles à décoder. Au questionnement politique sur son manque d’idées concrètes et de solutions, elle réponds en pesant les mots de tout leur poids : « il faut savoir au nom de quoi on bouge ». Bigre ! Quelle révolution. Si quelqu’un est capable de décoder un message aussi vague, je lui tire mon chapeau. Cette réplique est particulièrement représentative de sa stratégie de communication dans la culture de l’abstrait, alors qu’elle se veut la championne du concret. Il y a quand même quelques idées fortes qui se dessinent et auxquelles elle à l’air vraiment attachée. Les voici :

La remise en cause et le contrôle de l’économie de marché : cela, ce n’est pas nouveau, et elle peut donc bien promettre un programme socialiste : « Il peut y avoir dans la libre concurrence des facteurs de progrès si elle est corrigée énergiquement dans ses effets pervers et régulée pour être mis au service du progrès c’est la mission de la gauche ». De quel progrès elle parle, difficile de savoir. On peut raisonnablement penser toutefois qu’elle parle de progrès social.

Un penchant très net à l’autoritarisme et à la responsabilisation sociale des entreprises, et la continuation de la tradition de complexification  législative et fiscale qui en découle illustrés par ses propos : « mettre en place les nouvelles sécurités » en réponse au « déséquilibre ravageur entre le capital et le travail », ou encore : « les entreprises ont une responsabilité à l’égard des territoires », « le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie », « adhésion obligatoire au syndicat de son choix », etc.

Sur ce dernier point, elle apparaît la plus innovatrice en voulant mettre en demeure les entreprises de résorber le chômage en augmentant leurs effectifs. Ses objectifs répressifs et moralistes apparaissent le plus dans ce dernier concept économique. Les menaces de rétorsion proférées envers les entreprises de sa région lors de la crise du CPE ont montré que Ségolène Royal est déterminée à nationaliser indirectement toutes les entreprises en les contraignant dans leur rôle social. Personnellement, je ne pense pas que ceci soit très en accord avec le principe de liberté de notre République et une bonne méthode à adopter pour réconcilier patrons et employés. Cela est confirmé par sa description de son projet par elle-même : « faire de l’impôt sur les sociétés un nouvel instrument d’application des priorités de l’action publique ».

Propos recueillis dans « les Echos » le 19 mai 2006.

Je ne pense pas également que Ségolène Royal soit prête à donner de nouvelles structures à notre République pour en finir avec le désastre de nos institutions, pas plus que de donner une nouvelle image à la France, elle qui cherche plutôt à se fondre dans l’Europe. Elle nous promet donc avec ses collègues socialistes une aggravation de « l’obésité » administrative et fiscale, sans grande innovation comme elle voudrait le laisser croire. Aucune précision n’est apportée quant à sa manière de gérer sa « démocratie participative » seul concept réellement innovant de sa part, mais dont on a du mal à mesurer l’étendue de la participation, tant elle s’applique à rester vague à ce sujet.


Ségolène Royal apparaît aujourd’hui comme la pire des options pour notre pays, car elle suscite un mouvement d’espoir énorme et totalement virtuel tout en s’encloisonnant dans les plus grandes contradictions et incohérences traditionnelles de la pensée socialiste. Elle trouve scandaleux le « chantage à l’emploi fait par les entreprises », mais elle veut imposer le donant-donnant avec elles. Elle veut privilégier la négociation, mais quand elle n’est pas à son avantage, elle s’insurge et veut passer en force. Elle dit les citoyens experts, mais elle veut contrôler la gestion des entreprises privées.

Derrière une fausse ouverture démocratique, elle cache un autoritarisme politique certain. Elle profite de la corruption intellectuelle de toute la classe politique, pour se positionner en vestale technocratique, profitant de la séduction naturelle de sa condition féminine pour illuminer artificiellement le spectacle lamentable de la politique française. En élevant le statut de caméléon politique au rang de l’art, elle anesthésie et endort l’électorat désireux de changement et le détourne des projets concrets et innovants qui peuvent lui être proposés pour 2007. Elle risque de nous plonger dans le vide politique au-dessus duquel nous sommes suspendus et qu’elle contribue à agrandir.

Bref, entre ce qu'elle veut montrer et ce qu'elle est réellement, il y a une différence tres nette et un réel danger pour notre démocratie. D'autres exemples navrants et concrets nous sont donnés raconté par  Jérome vial rédacteur d'agoravox.

Ségolène Royal a inventé la démagogie participative.


 
Par jean-marc - Publié dans : SARKO, SÉGO, MÊME TOPO
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus