L’Europe est devenue une machine incontrôlée et incontrôlable. De la position de leader, la France est passée au stade de suiveur dans l’Union Européenne. Le 29 mai 2005, les Français pensaient avoir un droit de veto sur la constitution européenne, une fois de plus ils se sont fait abusés. Aujourd’hui, la France ne représente que 12,3% de la population européenne, et son poids politique a de plus en plus de mal à s’affirmer (8,7% d'après l'indice de Shapley). Il serait temps que les Français réalisent cet état de chose.
L’importance de l’Europe dans notre vie est arrivée à un stade crucial qui pourrait bientôt devenir irréversible, avec des conséquences incalculables risquant de bouleverser dramatiquement notre vie. La France est aujourd’hui victime d’une incohérence européenne structurelle majeure qui ne peut que perdurer. Nous sommes passés d’un marché unique à une semi-fédération hybride abandonnée à une nouvelle avidité frénétique de pouvoir politique. L’Europe est disloquée par l’adoption partielle de toutes les décisions par ses états membres. Les réglementations européennes rendues complexes par leur fractionnement sont même différentes à l’intérieur d’un pays suivant les régions, de sorte qu’il est pratiquement impossible pour un Européen de connaître la législation qu’il est subit quand il se déplace ou s’il fait des affaires dans l’Union Européenne. Il faudrait qu’il soit continuellement assisté par un avocat spécialiste du droit européen pour chacun de ses échanges avec l’un de ses « amis » européens.
L’Europe, qui nous gouverne bien plus que nous en sommes conscients, n’a manifestement pas permis de résoudre nos problèmes internes. Comment peut-on espérer les résoudre si nous sommes assujettis à une tutelle qui va dans le sens contraire de nos intérêts. Il serait bon de nous poser objectivement la question à l’heure de l’explosion de nos conflits sociaux. Nous donnons le pouvoir à un président pour appliquer un programme, non pour qu’il l’abandonne à la Banque Centrale Européenne. Comment peut-il prétendre mener à bien un projet, s’il délègue le principal pouvoir économique à une autorité distante soumise à aucune règle ni justification, ce qui est le cas pour la BCE. L’indépendance consacrée et l’obstination des super banquiers européens qui pensent réduire la vie de 455 millions d’individus à un indicateur économique (l’inflation) nous exposent à un risque majeur. Nous en avons la preuve depuis l’introduction de l’euro. Cette inconscience économique chronique du pouvoir politique ressemble de plus en plus à de l’incompétence. Les deux sont, en tout cas, dramatiques pour notre condition de vie. 50 ans de construction européenne pour en arriver là, qu’est-ce que cela présage pour l’avenir ?
L’Europe ne peut pas suivre une politique économique efficace pour tous ses participants, car ils sont beaucoup trop éloignés et concurrents économiquement. L’importante disparité des niveaux de vie, une différence de richesse de 1 à 10 (PIBs par habitant d’après Eurostat), la nécessité de suivre des politiques économiques différentes font qu’il ne peut pas y avoir de politique commune qui satisfasse adéquatement tous les pays. D’où une structure inadaptée actuellement qui empêche le contrôle de leur économie par les états membres. Une bonne illustration nous en est donnée par les accords sur les prestations de service. Il a été très difficile de trouver une solution apparemment équitable entre les états européens car le point le plus important de l’emploi comparé aux coûts de main-d’oeuvre fait l’objet d’intérêts fondamentalement opposés. Certains hauts fonctionnaires économistes n’hésitent pas à qualifier les pays à faible coût de main-d’œuvre européens non soumis à l’euro de « zones d’extraterritorialité monétaire ». Ces pays depuis l’élargissement sont les premiers bénéficiaires de cette Europe hybride qui libère les frontières tout en autorisant les participants à garder leur monnaie nationale. Eux en tout cas aiment bien l’euro, mais ne se pressent pas à vouloir l’adopter. Cette problématique peut-elle changer ? Non. Pourquoi : parce que si tous les états membres de l’Europe arrivaient au même niveau économique, cela voudrait dire que soit nous avons régressé, soit ils ont mieux progressé que nous, ce qui revient au même dans un marché économique mondial où la concurrence est élevée au rang de guerre commerciale. Ce problème est un problème majeur de l’Union Européenne.
La France subit une politique monétaire diamétralement opposée à ses besoins. La Banque Centrale Européenne n’est intervenue que très modérément sur les taux d’intérêts depuis la création de l’euro. Or ce sont les taux d’intérêts qui permettent de réguler en premier lieu les flux financiers et la croissance, et de piloter au plus près notre économie. En ne suivant pas la FED dans sa baisse des taux pendant 4 ans, la BCE a laisser l’euro s’apprécier fortement, pénalisant notre croissance, entraînant une chute dramatique de notre balance commerciale à ses plus bas niveaux depuis 20 ans. Maintenant qu’elle se décide à bouger de nouveau depuis 3 ans, elle le fait encore dans le mauvais sens pour nous, toujours centrée de manière très limitée sur le contrôle de l’inflation, contre la croissance. Or chez nous c’est exactement l’inverse dont on a besoin, car notre croissance est en chute libre. Nos voisins dont la croissance est dopée par l’Europe profitent eux pleinement de cette politique. En France, il faudrait donc baisser en premier lieu les taux d’intérêts pour relancer la croissance, et c’est le contraire qui se passe, à cause de la politique monétaire commune de l’Europe entièrement contrôlée par la BCE.
Notre croissance est également freinée par la libéralisation fiscale des frontières en rapport avec le développement des flux financiers. Pour les mêmes raisons que pour la mondialisation, la liberté du « voyage fiscal » pénalise les pays les plus taxés - 50 milliards d’euros de recettes fiscales de moins en 2004 en France. Malheur aux pays qui sacrifient la compétitivité aux valeurs sociales, ou aux entreprises qui sont trop petites pour amortir les frais des spécialistes de la défiscalisation légale, ils sont condamnés à payer pour les autres. Ils souffriront d’autant plus que la libéralisation commerciale et financière progresseront, ce qui est pourtant la raison d’être de l’Union Européenne. La « fuite fiscale » qui apparaît de plus en plus pour les états comme impossible à contrer, condamne l’équité sociale au profit du néolibéralisme et nous expose au risque de devoir sacrifier de plus en plus nos valeurs sociales ou de ne jamais pouvoir nous défaire du handicap de nos charges sociales et administratives.
L’Europe d’aujourd’hui n’offre pas aux Français ce qu’ils attendent. Avant toute chose, ils ne veulent pas sacrifier leur qualité de vie sur l’autel du libéralisme qui privilégie la raison d’état économique aux dépens de l’équilibre social. Or l’Europe suit manifestement et de plus en plus une politique libérale qui ne se préoccupe pas de questions sociales. L’Europe n’a jamais eu de vocation sociale, ce n’est pas une raison pour qu’elle dérive vers le libéralisme. En effet, la vocation première de l’Union Européenne est d’être un grand marché pour résister aux forces économiques américaines et asiatiques. Quoi de plus naturel donc que toutes les décisions prises suivent une logique économique qui est directement en faveur du libéralisme. Quoi de plus naturel également, que les lobbies industriels et commerciaux se soient précipités aux portes du Parlement Européen pour défendre leurs intérêts. Cela explique également l’obsession expansionniste de la communauté européenne, qui a abouti à la crise constitutionnelle que les Français ont eu parfaitement raison de provoquer en refusant sagement le projet de constitution consacrant l’expansionnisme de l’Europe. Cette résistance au libéralisme a été encore une fois exprimée récemment par la jeunesse à l’occasion de la crise majeure déclenchée au sujet du CPE.
L’Europe qui devait donner les moyens de lutter contre la suprématie des Américains ne parvient même pas à approcher de près ou de loin leur maîtrise économique. Bien au contraire, elle les a laissés libres de piloter à loisir leur économie aux dépens de la nôtre grâce à son immobilisme et sa stérilité monétaire. Nous défendre contre la concurrence chinoise et indienne… Ce n’est pas avec l’augmentation des charges et des règlementations imposées par l’Europe qu’on va diminuer les coûts de notre main d’œuvre, et ce n’est pas au sein de l’Europe qu’on pourrait trouver les ressources naturelles et énergétiques nécessaires. L’Europe ne peut pas non plus rivaliser en puissance militaire car le plus important pays de l’union, l’Allemagne, n’en a aucune.
Les Français sont loin de vouloir être européens. Les Français ont massivement et sans équivoque condamné l’éventualité de troquer leur passeport contre un passeport Européen, non seulement par un non catégorique au dernier référendum, mais surtout par leur désintéressement traduit par le taux d’abstentionnisme énorme dans toutes les consultations électorales européennes (56,9 % à l’élection du Parlement en juin 2004). Or, leur sort est maintenant dans les mains de la Banque Centrale Européenne, avant de dépendre des députés européens, eux-mêmes entièrement soumis aux pressions des lobbies. Dramatiquement, on nous maintient dans une sorte d’ambiguïté européenne dont il serait bon de sortir au plus vite, tant il s’agît d’une importance capitale.
L’Union Européenne ne sera jamais souveraine. Tant qu’il n’y aura pas de véritable état européen, avec une constitution, une armée et une vraie police, le « schéma européen » constituera un risque majeur pour l’intégrité du territoire et la sécurité de notre pays. La constitution d’un véritable état européen peut prendre encore de nombreuses années sans aucune certitude de son aboutissement, et même entraîner des troubles encore insoupçonnés aujourd’hui. Comment un état peut-il avoir des monnaies, des langues, des cultures et des niveaux de vie si différents. La libéralisation excessive de l’Europe condamne toute possibilité d’un véritable état européen. Les différences culturelles, sociales, linguistiques et économiques sont telles, qu’on voit mal comment autant d’individus pourraient se sentir unis et solidaires au point de s’identifier à une seule nation et d’abandonner leur souveraineté au profit d’une autorité si éloignée. Le plus grand problème de l’Union Européenne réside dans son manque d’homogénéité et sa structure hybride, qui font encourir des risques graves à long terme, car la différence humaine recherche l’indépendance. On voit donc apparaître sans surprise les premières contre-performances et les récentes crises qui devraient proliférer avec l’incohérence et le flottement grandissants de l’Europe. Une Europe sans état, mais avec des frontières délocalisées, qui porte gravement atteinte à notre souveraineté et ne peut que nous affaiblir.
La communauté Européenne nous empêche de contrôler efficacement nos frontières et notre immigration. La délocalisation des territoires européens dont les nombreuses frontières sont très difficiles à contrôler fait courir un risque majeur à notre paix et à notre sécurité par l’impossibilité de protéger notre propre territoire. La surveillance des frontières étant laissée à la charge des états, notre immigration dépend de chacun des partenaires européens. Nicolas Sarkozy a beau dépenser les deniers publics en proposant une loi sur l’immigration, celle-ci sera de toutes façons soumise à la tutelle de l’Europe. L’extension des frontières passoires les feront à coup sûr devenir de plu en plus incontrôlable. Malgré une croissance paralysée, l’Europe est déjà un « eldorado » social pour tous les pauvres de la planète. Il ne nous restera donc plus qu’à accepter toute l’immigration encouragée par l’Europe, et dépenser encore plus pour faire la chasse aux étrangers en situation irrégulière, lutter contre la criminalité, et accentuer encore un peu plus le caractère répressif et régressif de notre démocratie.
Les premiers bénéficiaires de l’Europe sont le gangstérisme et la criminalité, car ils profitent directement de son incohérence structurelle. Les malfaiteurs peuvent agir chez nous tout en étant basés n’importe où en Europe, notre police n’ayant aucune véritable autorité pour intervenir hors de France, car elle porte atteinte à la souveraineté des autres pays européens. Les trafiquants, mafieux et gangsters de tous ordre, comme les terroristes, ont compris depuis longtemps l’intérêt des réseaux : ils se développent vigoureusement à l’échelle européenne, pour notre plus grand malheur. Vive l’Europe commerciale !…
L’Europe fait courir un risque majeur aux Français dans la nouvelle guerre terroriste mondiale. Cette guerre qui n’est pas la nôtre a été créée et développée pour des intérêts stratégiques et financiers par les Américains invoquant, comme à leur habitude, une fausse idéologie de liberté. En étant irresponsablement solidaire des intérêts américains au Moyen-Orient, l’Europe nous expose fortement à la guerre terroriste islamiste. La France, qui avait sagement et courageusement refusé de suivre les Etats-Unis en Irak, risque de devoir s’engager dans l’engrenage terroriste à cause de son appartenance à l’Europe. Ce serait cette fois irrattrapable et irréversible, car la crédibilité de notre neutralité serait alors très compromise. Ceci constitue un risque majeur pour notre sécurité et notre paix. La France, contrairement à tous les autres prétendants au pouvoir mondial, est confrontée à un problème d’intégration musulmane important que la pression du terrorisme peut faire éclater.
L’Europe ne sera jamais une nation.
- L’Europe est contraire au principe d’indivisibilité de la constitution française. - L’Europe est contraire au principe de décentralisation de la constitution française. - L’Europe expansionniste s’éloigne des principes démocratiques. - La taille de l’Europe nous condamne à subir une fausse démocratie. - Les Français ont refusé massivement le projet de constitution européenne. - Les Français en majorité ne veulent pas être européens (56% au dernier sondage). - L’Europe entraîne un ralentissement économique. - Il y a une trop grande disparité économique, sociale et culturelle entre les pays membres. - L’Europe freine notre croissance et tue l’emploi. - L’Europe est vouée à une politique économique libéraliste. - L’Europe accroît les inégalités, le chômage et la précarité. - L’Europe n’a pas de vocation sociale. - L’Europe n’a aucune préoccupation culturelle. - L’Europe n’a qu’une vocation de solidarité dont la France fait les frais. - L’Europe prive la France de sa souveraineté. - L’Europe n’a pas d’avenir politique. - L’Europe risque de nous engager irréversiblement dans la guerre terroriste islamiste. - L’Europe risque de s’enliser dans des débats coûteux et déstabilisateurs. - Les territoires et les frontières de l’Europe sont trop délocalisés et impossibles à contrôler. - La disparité des cultures constitue un risque pour la neutralité de la France et pour la paix. - L’Europe a un coût pour la France qui pourrait être mieux employé. - Les bénéfices de l’Europe pour la France sont limités. - Les dix derniers arrivants dans l’UE sont les dix plus faibles économiquement. - L’Europe est devenue une machine incontrôlée et incontrôlable. - L’Europe est un « eldorado » social pour tous les pauvres de la planète. - L’Europe est un « eldorado » financier pour tous les gangsters de la planète. - L’Europe présente plus de risques que d’intérêts pour les Français.
L’Europe telle qu’elle est, ça ne marche pas. Les Français l’ont bien compris et l’on exprimé clairement en 2005. Le problème est de savoir si nous avons la possibilité de la changer et ne plus se nourrir de rêves dans le cas contraire. C’est pourquoi il devient urgent de faire le point et de s’affranchir de cette Europe avant qu’il ne soit trop tard. Pourquoi subir la construction européenne alors qu’avec quelques aménagements nous pourrions en tirer pleinement profit. La souveraineté de la France n’est pas contestable, et prendre nos distances ne ferait que dynamiser notre économie, car cela relancerait notre croissance et recevrait à coup sûr les faveurs des investisseurs. Cela pourrait s’intégrer efficacement dans une stratégie démocratique et économique cohérente. Il est parfaitement possible de profiter de l’Europe sans en subir les incohérences. Les plus grands analystes économistes et financiers mondiaux donnent de plus en plus d’avis favorables à la France dans le cas d’une séparation de l’Europe (Morgan Stanley, Standard’s & Poors, …). La position la plus profitable pour la France serait peut-être bien de jouer un peu plus sa carte individuelle au sein de cette Europe dont les mutations vont être encore longues et nombreuses avant une éventuelle structure achevée, cohérente et stable.
Notre espérance légitime, c’est de pouvoir contrôler de plus en plus notre destin, non de dépendre d’une entité encore plus éloignée et délocalisée. Exprimer notre volonté d’une plus grande indépendance de l’Union Européenne, permettrait de nous placer dans une position de force pour stopper la dérive libéraliste de l’Europe et la remettre sur les rails de la cohérence économique et sociale. Il faudrait donc organiser au plus tôt un référendum pour permettre aux Français de décider en connaissance de cause s’ils veulent aller plus loin dans le développement de l’Union Européenne, et permettre de préciser la position que les Français désirent voir adopter dans cette Europe.
Notre espérance légitime, c’est de pouvoir contrôler de plus en plus notre destin, non de dépendre d’une entité encore plus éloignée et délocalisée.