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BON SENS POPULAIRE

Jeudi 9 mars 2006
Ce qui fait la différence des élites, ce n’est pas l’intelligence, mais leur éloignement des réalités de la vie. Le peuple a plus de bon sens que les élites qui ne vivent que pour entretenir et protéger leur élitisme. Dans son obsession de vérité et d’universalisme, et à force de surenchères sur la détention du savoir, l’homme moderne finit par se noyer dans ses incohérences. L’analyse de l’intellectuel se perd dans la complexité de sa pensée et la sophistication de son langage, ignorant dédaigneusement le vieil adage : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ».
 

Comme toutes choses, le trop est l’ennemi du bien. Il y a un juste milieu à trouver dans la réflexion pour garder les pieds bien sur terre et ne pas tomber dans le piège de l’incohérence. Faire une bonne synthèse devant la surabondance des choix qui s’offrent à nous devient de plus en plus difficile, de sorte qu’on ne peut plus avancer sécuritairement qu’en faisant appel à notre bon sens. Notre conscient n’est plus capable de détecter le bon choix, et il nous faut appeler à la rescousse notre inconscient et notre subconscient pour prendre la bonne décision. Il faut donc redonner sa vraie valeur au bon sens et exploiter l’immense réserve d’intelligence populaire afin de faire les bons choix pour garantir une saine évolution de notre société.

 

Un bon exemple de bon sens populaire nous a été donné par la réaction des Français à la grippe aviaire. Quand les médias ont répété sans cesse que le virus mourrait à la cuisson, qu’il n’y avait absolument aucun risque, les Français ont très rapidement réagi avec bon sens en désertant les étalages suivant le vieil adage « dans le doute, abstiens-toi ». Malgré les exhortations médiatiques dictées par la logique financière irresponsable, ils ont, sans prendre le temps d’analyser, pris la bonne décision pour leur sécurité, car ce que les médias se sont bien gardé de souligner, c’est que le poulet cru peut transmettre le virus avant qu’il soit éliminé par la cuisson. La priorité n’est-elle pas notre santé avant les pertes financières. Un deuxième exemple de notre bon sens, magistral celui-là, nous est donné par l’histoire. Une semaine avant le début de la guerre en Irak 70% des Français dans un sondage à cet effet n’étaient pas convaincus du danger de Sadam Hussein pour le monde moderne, ainsi que par les preuves d’armes de destruction massives données par les Américains . L’histoire depuis leur a donné raison.

 

Ces deux exemples montrent bien la justesse du bon sens pour prendre les sages décisions. Ces décisions sont en général contraires aux intérêts de ceux qui prétendent les prendre à notre place. Il faudrait donc intégrer le bon sens populaire dans les décisions proposées par nos élites pour résoudre nos différents problèmes. Les Français dans leur ensemble n’étant pas encore dépendants à la drogue de l’argent, cela leur permet de garder un jugement clair. Il sont donc gardiens du bon sens. Si leur jugement est plus intuitif qu’analytique, il n’en est pas moins riche par son rapprochement de la nature de l’homme et de ses valeurs fondamentales. Le développement d’une société doit se faire autour de ces valeurs qui sont de moins en moins respectées par les candidats au pouvoir. L’homme honnête est respectueux des institutions parce que sa pensée est construite autour de valeurs saines et authentiques transmises par la famille et les générations. C’est cette honnêteté et la cohérence consacrée par le nombre qui peuvent nous donner la garantie du juste choix et de la bonne décision. Il faut se hâter d’utiliser enfin cette ressource inestimable avant que la progression des drogues de la pensée moderne et du « tout est permis » ne la rende inutilisable et irrécupérable.

 

La France est championne du monde des sens et de la qualité de vie, elle se doit d’avoir le sixième sens, c’est-à-dire le bon sens. À sixième république sixième sens. Notre nouvelle république devrait être celle du bon sens retrouvé et consacré.

 
Ce qui manque aux élites pour prendre de bonnes décisions,
c'est le bon sens des gens qu'elles contrôlent.
 
Par jean-marc
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