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LIBERER la POLITIQUE

Jeudi 9 mars 2006

Il est déplorable que la fonction la plus importante qui conditionne la vie de 65 millions d’individus puisse dépendre d’une importante caution financière et des financements de frais de campagne, mais sans être soumis à un programme quelconque. L’investissement personnel lors de la campagne de 2002 a été de 382.ooo euros pour le plus pauvre candidat, 3,5 millions en moyenne pour les 16 candidats, et 10 millions d’euros pour les deux plus riches d’entre eux, qui se sont partagé apparemment en toute logique financière le deuxième tour du scrutin. Le dépôt de 100.ooo euros pour la candidature paraît bien dérisoire en comparaison de ces chiffres astronomiques. Drôle de démocratie où il faut disposer d’une fortune personnelle pour être président, tout en étant totalement libre de ses promesses électorales. À notre époque soi-disant moderne, notre destin reste suspendu à la richesse, au verbe médiatique, commercial et irresponsable des candidats au pouvoir.

 

Pour plus d’efficacité et de déontologie, vis-à-vis de tous les Français, il serait bon que les programmes électoraux des candidats soient contractuels, et déposés officiellement au Conseil constitutionnel pour être obligatoirement respectés par le nouveau gouvernement institué. Ils devraient être étudiés et validés par le Conseil constitutionnel au moins six mois avant les élections, et mis impartialement à la disposition des Français sur le site Web officiel de la campagne. Cela aurait entre autres le mérite d’améliorer sensiblement la qualité et la cohérence des programmes proposés, de soustraire les candidats à leur tendance chronique à la démagogie, et à la récupération d’idées, etc. L’élection de notre président, qui détermine la vie sociale et économique de tous, ne serait plus seulement une rencontre entre un homme et un peuple, mais un véritable contrat entre cet homme et son peuple, c’est-à-dire nous.

 

Nous devrions démocratiser notre système politique pour qu’il ne soit plus être réservé à une caste à l’abri d’un système protectionniste. Notre destin ne devrait plus dépendre d’un financement arbitraire encourageant la corruption. La politique devrait être suffisamment accessible pour susciter des vocations dans toute la population, ne pas se marginaliser, mais plutôt se rapprocher de ses citoyens et les unir les uns aux autres. Il faudrait donc abolir définitivement le financement des partis politiques qui nous coûte 80 millions d’euros par an, et lui substituer des moyens d’expression fournis également à toutes les représentations politiques. Ceci pourrait enfin garantir une réelle et équitable pluralité démocratique.

 

Il faudrait également supprimer la corruption installée dès le cautionnement des candidats, grâce aux fameuses signatures permettant toutes les ruses tordues et déloyales, pour faire pression sur les élus ou leur demander de valider un candidat pour en affaiblir un autre. Cette dernière « technique » a permis à Jean-Marie Le Pen de pouvoir se présenter aux élections présidentielles en 2002 grâce à l’ « intelligence stratégique » du parti socialiste. Cela a conduit la France à subir des crises politiques très importantes par la fausse majorité illégitime dont a bénéficié notre dernier président M. Jacques Chirac. Il faut donc reconsidérer à la base l’expression démocratique en redéfinissant les règles de sélection et de financement des candidats, pour que la base de notre démocratie ne soit plus un jeu de dupes commercial et corrompu.

 

Notre seule véritable expression démocratique, notre élection présidentielle si populaire, laisse la France à la merci de l’extrémisme et de la corruption de la guerre du pouvoir. Deux tours ne sont pas suffisants pour pouvoir choisir un président représentant une réelle majorité, car on en arrive à arbitrer le choix de tout un pays entre deux candidats qui peuvent ne représenter que 15% des voix, donc à peine 30% à eux deux. Il faudrait donc revoir le scrutin présidentiel pour permettre une sélection plus précise et plus représentative des candidats. Certaines propositions ont déjà été faites à ce sujet, et il serait bon de s’y consacrer.

 

Nous devons aussi protéger notre démocratie de toutes organisations parallèles plus ou moins secrètes ou parareligieuses, tendant à vouloir contrôler tout ou partie de notre pouvoir démocratique, comme la franc-maçonnerie par trop influente dans notre pays. On ne doit donc pas tolérer l’appartenance de nos responsables à un groupe quelconque, surtout quand il affiche à mots à peine cachés sa volonté d’intervenir secrètement au plus haut niveau dans la vie politique de notre pays. Pourquoi rester caché si le but que l’on poursuit est fraternel, noble et juste. Est-ce la propension à cultiver l’initiation, l’élitisme, le sexisme, le racisme qui oblige les francs-maçons à cultiver autant le secret ? Si vouloir aider ses concitoyens constitue l’objectif d’une association, pourquoi vouloir le faire de manière secrète et ne pas utiliser le système politique national prévu à cet effet. L’expérience malheureuse de nos voisins italiens devrait nous servir de leçon magistrale, car de hauts fonctionnaires et militaires italiens se sont regroupés sous couvert de la franc-maçonnerie pour organiser un coup d’état.

 

Il est fondamental d’interdire l’accès au pouvoir décisionnel ou prescripteur à toute personne faisant partie d’un groupe ou association autre qu’un parti politique officiellement déclaré, pour notre démocratie et notre sécurité. Tout ce qui a trait de près ou de loin au système politique et administratif de notre pays devrait respecter une transparence totale. C’est la seule solution pour assurer l’intégrité et la responsabilité des fonctionnaires de l’état vis-à-vis de leurs fonctions. À notre époque, aucune garantie ne peut être donnée quant à l’honnêteté et l’intégrité d’un organisme altruiste à but non lucratif. Les Français ont le droit de savoir quelles sont les « philosophies » cachées qui les gouvernent.

 

Il est impensable également que les peines encourues par des élus coupables d’abus de biens sociaux, de corruption, ou de n’importe quel autre délit pendant l’exercice de leur mandat soient toujours aussi dérisoires et si peu dissuasives, et que l’on retrouve à des postes de sénateurs des élus condamnés pour quelque forme de corruption que ce soit. La trahison de la confiance démocratique étant une des principales causes de mal fonctionnement de notre communauté, elle devrait être sanctionnée à la hauteur de ses méfaits, de manière à être totalement dissuasive, et non pas hypocritement complaisante.

 
Il faut assainir notre expression démocratique

Par jean-marc
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Samedi 21 avril 2007


Pourquoi rien ne changera véritablement en France pendant le prochain quinquennat

* * *

Le financement démesuré et incontrôlé de notre système politique paralyse notre pays car le débat démocratique indispensable se noie dans les polémiques et les affrontements partisans. Cela est dû principalement au rapport étroit du pouvoir avec les partis politiques dont le financement en est la clé. Pour être élu, il faut un parti, et pour alimenter les caisses du parti, il faut des élus. Les deux sont tellement liés qu’il en résulte un immobilisme de toute la dynamique politique, et par voie de conséquence, de la dynamique nationale. C’est une des raisons pour lesquelles la situation de la France va encore s’aggraver pendant le prochain quinquennat.

Le système de financement de notre espace politique est un véritable drame car les budgets démesurés attisent les luttes de clans et favorisent la division, paralysant le débat et interdisant de ce fait toute réforme d’envergure, donc tout vrai changement. Il génère et entretient un système d’influence particulièrement verrouillé qui ne laisse que peu de place à la compétence et à une gestion saine et démocratique. Il offre par contre une large place à l’immobilisme par la dépendance étroite des représentants du peuple à leur parti. Les réformes de fond que les Français attendent ne seront une nouvelle fois pas au rendez-vous de ce prochain quinquennat car le débat ne pourra encore pas prendre sa place légitime. Par défaut, la prolifération des réglementations de second ordre, au lieu de résoudre les problèmes, ne fera que les amplifier.

Aucun mandat ne peut aujourd’hui s’affranchir de son échéance électorale. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’on a cinq ans pour gouverner que l’on est libéré de la pression électorale. Celle-ci s’exerce à tous les instants de la vie politique et pèse sur les décisions des dirigeants, directement ou indirectement. A l’assemblée, là où devrait s’exprimer toute la richesse du débat démocratique avec 577 députés censés représenter tous les Français disposant chacun d’un budget mensuel de plus de 20.000 €, c’est en fait un dialogue de sourd et un affrontement perpétuel qui prévaut entre les principaux partis, désintéressant non seulement les Français mais les députés eux-mêmes qui désertent de plus en plus les débats et les votes. Si l’on ajoute à cela les 20% de Français qui ne sont même pas représentés depuis 20 ans, cela montre bien à quel niveau notre démocratie d’opinion en est réduite.

Malheureusement, aucun des candidats n’a l’intention de changer cette aberration fondamentale de notre système démocratique pour la bonne raison que le gâteau est bien alléchant et qu’ils ont des comptes à rendre au parti sans lequel aucune accession au pouvoir n’est possible. Avec une majorité parlementaire aux prochaines législatives, c’est près de 3 millions € par mois que leur parti va encaisser pendant 5 ans (montants encaissés par l’UMP en 2007), et dont il aura du mal à se voir priver. Soit près de 200 millions €, une bonne rentabilité par rapport aux quelques millions investis dans la campagne présidentielle (3,5 millions € en 2002 pour le RPR et le PS).

Comme le cycle démocratique étant maintenant renforcé à 5 ans, cette échéance devient d’autant plus cruciale dans la vie de nos élus, et les énormes budgets qui en découlent concentrent l’énergie politique sur la conquête et la conservation des parts de marché de ce nouveau business si rémunérateur, si protégé, et si peu contrôlé.

Même François Bayrou qui veut bousculer le système a déjà annoncé la création d’un grand parti s’il est élu, ce qui alimente assez bien la critique qui lui a été faite de « tenter une OPA sur le parti socialiste » (Jean-Michel Apathie sur Canal+). L’expression est bien choisie pour illustrer la financiarisation politique. Nous avons personnellement suggéré à Monsieur Bayrou d’inclure dans son projet de libérer les députés de l’emprise des partis pour un meilleur fonctionnement de notre démocratie, mais apparemment il n’a pas retenu cette idée.

Comme vrai changement, les Français attendent un grand rassemblement, libéré des intérêts des minorités, car ils savent bien qu’il est nécessaire pour faire face à une situation critique d’importance nationale. Sans synergie, pas d’énergie, et pendant que les Français s’enlisent dans l’affrontement interne, ils ne peuvent pas faire face à une compétition internationale de plus en plus forte, qui fait main basse sur leurs richesses et dégrade leur qualité de vie.

Les budgets annuels des principaux organes politiques Français en 2007 :

Présidence de la République : 32 millions € (en fait illimité sans aucun contrôle)
Assemblée nationale : 502 millions €
Sénat : 309 millions €
Partis politiques : 73 millions €

Quant aux Services du Premier ministre, le budget était de 900 millions en 2005, difficile à préciser dans les dernières lois de finances, car de plus en plus dilué. Soit, au total, près de 2 milliards € par an pour notre vie politique. Des budgets faramineux, toujours aussi opaques, et pour quel résultat. Pour près de 10 milliards d’euros dépensés sur 5 ans, c’est bien peu d’améliorations observées en ce qui concerne la résolution de nos problèmes.

Imaginez pourtant l’efficacité que l’on pourrait obtenir si les 365 millions € qui vont être encore une fois versés aux partis politiques ces cinq prochaines années étaient investis en moyens techniques et recherche mis à la disposition de tous les partis et de toute l’intelligence Française, notamment pour organiser de vrais débats productifs. Ne serait-ce pas là tout simplement un vrai changement ?


Par jean-marc
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