Il est déplorable que la fonction la plus importante qui conditionne la vie de 65 millions d’individus puisse dépendre d’une importante caution financière et des financements de frais de campagne, mais sans être soumis à un programme quelconque. L’investissement personnel lors de la campagne de 2002 a été de 382.ooo euros pour le plus pauvre candidat, 3,5 millions en moyenne pour les 16 candidats, et 10 millions d’euros pour les deux plus riches d’entre eux, qui se sont partagé apparemment en toute logique financière le deuxième tour du scrutin. Le dépôt de 100.ooo euros pour la candidature paraît bien dérisoire en comparaison de ces chiffres astronomiques. Drôle de démocratie où il faut disposer d’une fortune personnelle pour être président, tout en étant totalement libre de ses promesses électorales. À notre époque soi-disant moderne, notre destin reste suspendu à la richesse, au verbe médiatique, commercial et irresponsable des candidats au pouvoir.
Pour plus d’efficacité et de déontologie, vis-à-vis de tous les Français, il serait bon que les programmes électoraux des candidats soient contractuels, et déposés officiellement au Conseil constitutionnel pour être obligatoirement respectés par le nouveau gouvernement institué. Ils devraient être étudiés et validés par le Conseil constitutionnel au moins six mois avant les élections, et mis impartialement à la disposition des Français sur le site Web officiel de la campagne. Cela aurait entre autres le mérite d’améliorer sensiblement la qualité et la cohérence des programmes proposés, de soustraire les candidats à leur tendance chronique à la démagogie, et à la récupération d’idées, etc. L’élection de notre président, qui détermine la vie sociale et économique de tous, ne serait plus seulement une rencontre entre un homme et un peuple, mais un véritable contrat entre cet homme et son peuple, c’est-à-dire nous.
Nous devrions démocratiser notre système politique pour qu’il ne soit plus être réservé à une caste à l’abri d’un système protectionniste. Notre destin ne devrait plus dépendre d’un financement arbitraire encourageant la corruption. La politique devrait être suffisamment accessible pour susciter des vocations dans toute la population, ne pas se marginaliser, mais plutôt se rapprocher de ses citoyens et les unir les uns aux autres. Il faudrait donc abolir définitivement le financement des partis politiques qui nous coûte 80 millions d’euros par an, et lui substituer des moyens d’expression fournis également à toutes les représentations politiques. Ceci pourrait enfin garantir une réelle et équitable pluralité démocratique.
Il faudrait également supprimer la corruption installée dès le cautionnement des candidats, grâce aux fameuses signatures permettant toutes les ruses tordues et déloyales, pour faire pression sur les élus ou leur demander de valider un candidat pour en affaiblir un autre. Cette dernière « technique » a permis à Jean-Marie Le Pen de pouvoir se présenter aux élections présidentielles en 2002 grâce à l’ « intelligence stratégique » du parti socialiste. Cela a conduit la France à subir des crises politiques très importantes par la fausse majorité illégitime dont a bénéficié notre dernier président M. Jacques Chirac. Il faut donc reconsidérer à la base l’expression démocratique en redéfinissant les règles de sélection et de financement des candidats, pour que la base de notre démocratie ne soit plus un jeu de dupes commercial et corrompu.
Notre seule véritable expression démocratique, notre élection présidentielle si populaire, laisse la France à la merci de l’extrémisme et de la corruption de la guerre du pouvoir. Deux tours ne sont pas suffisants pour pouvoir choisir un président représentant une réelle majorité, car on en arrive à arbitrer le choix de tout un pays entre deux candidats qui peuvent ne représenter que 15% des voix, donc à peine 30% à eux deux. Il faudrait donc revoir le scrutin présidentiel pour permettre une sélection plus précise et plus représentative des candidats. Certaines propositions ont déjà été faites à ce sujet, et il serait bon de s’y consacrer.
Nous devons aussi protéger notre démocratie de toutes organisations parallèles plus ou moins secrètes ou parareligieuses, tendant à vouloir contrôler tout ou partie de notre pouvoir démocratique, comme la franc-maçonnerie par trop influente dans notre pays. On ne doit donc pas tolérer l’appartenance de nos responsables à un groupe quelconque, surtout quand il affiche à mots à peine cachés sa volonté d’intervenir secrètement au plus haut niveau dans la vie politique de notre pays. Pourquoi rester caché si le but que l’on poursuit est fraternel, noble et juste. Est-ce la propension à cultiver l’initiation, l’élitisme, le sexisme, le racisme qui oblige les francs-maçons à cultiver autant le secret ? Si vouloir aider ses concitoyens constitue l’objectif d’une association, pourquoi vouloir le faire de manière secrète et ne pas utiliser le système politique national prévu à cet effet. L’expérience malheureuse de nos voisins italiens devrait nous servir de leçon magistrale, car de hauts fonctionnaires et militaires italiens se sont regroupés sous couvert de la franc-maçonnerie pour organiser un coup d’état.
Il est fondamental d’interdire l’accès au pouvoir décisionnel ou prescripteur à toute personne faisant partie d’un groupe ou association autre qu’un parti politique officiellement déclaré, pour notre démocratie et notre sécurité. Tout ce qui a trait de près ou de loin au système politique et administratif de notre pays devrait respecter une transparence totale. C’est la seule solution pour assurer l’intégrité et la responsabilité des fonctionnaires de l’état vis-à-vis de leurs fonctions. À notre époque, aucune garantie ne peut être donnée quant à l’honnêteté et l’intégrité d’un organisme altruiste à but non lucratif. Les Français ont le droit de savoir quelles sont les « philosophies » cachées qui les gouvernent.
Il est impensable également que les peines encourues par des élus coupables d’abus de biens sociaux, de corruption, ou de n’importe quel autre délit pendant l’exercice de leur mandat soient toujours aussi dérisoires et si peu dissuasives, et que l’on retrouve à des postes de sénateurs des élus condamnés pour quelque forme de corruption que ce soit. La trahison de la confiance démocratique étant une des principales causes de mal fonctionnement de notre communauté, elle devrait être sanctionnée à la hauteur de ses méfaits, de manière à être totalement dissuasive, et non pas hypocritement complaisante.



