Pourquoi faut-il sortir de l’euro ?
Nous devons sortir de l’euro car il est incontrôlable. Il nous fait subir l’incohérence du système économique européen, nous empêche de piloter notre économie en nous privant de notre souveraineté, et nous relègue au rang de pion dans l’échiquier économique mondial. De plus en plus d’économistes renommés dénoncent la faiblesse structurelle et les risques de la zone euro, le dernier rapport en date étant à attribuer à la banque d’affaire Morgan Stanley qui rappelle que : « la zone euro n’est pas une zone monétaire optimale, nous pensons que les marchés devront attacher une plus grande probabilité à une rupture de l’union monétaire et/ou de l’Union Européenne elle-même à une date future… en dépit du coût lié à l’abandon de l’euro, un pays pourrait conclure que les bénéfices de la réintroduction d’une monnaie nationale sont encore plus grands ». M. Fels, directeur Londonien de Morgan Stanley souligne que l’euro rencontre des difficultés propres, car la monnaie unique impose l’unification des taux de change et des taux d’intérêts à des pays qui ont des besoins différents, aggravées par les conflits qui traversent l’Union Européenne.
Pour retrouver notre indépendance et notre souveraineté internationale: La monnaie est la clé de voûte de la souveraineté. Ne pas contrôler sa monnaie, c’est laisser son destin à la merci de celui qui la contrôle. Ne pas contrôler sa monnaie, c’est aussi s’exposer aux risques des perturbations financières mondiales, d’un raid économique, d’une irresponsabilité, ou de tout autre événement qui peut ruiner notre pays. La mondialisation de l’économie, l’augmentation dramatique des masses financières et de leur circulation créent le risque d’un tsunami financier qui peut être mondial et fatal. L’interdépendance de plus en plus forte des économies, le développement considérable du Forex (marché international des devises) ajouté au développement anormal des revenus financiers ne laissent plus aucune devise à l’abri d’une crise financière et de sa propagation. L’arme économique et financière est plus puissante désormais que l’arme atomique, et même si cela semble peu probable, personne ne peut soutenir que cela ne peut pas arriver.
Maintenant que le dollar a perdu son statut de valeur-refuge, aucune devise n’est à l’abri d’une crise qui peut être d’autant plus grave que la mondialisation et la technologie ont considérablement accru les flux financiers. Tout cela fait peser un risque énorme sur les monnaies, donc sur nos économies.
L’Union Européenne nous prive doublement de souveraineté, car non seulement nous ne pouvons pas contrôler notre monnaie, mais en plus de cela, la politique monétaire est abandonnée à la totale indépendance de la Banque Centrale (BCE). N’étant soumis à aucune autorité démocratique, le président de la BCE dispose de la concentration du principal pouvoir économique et du contrôle total de notre monnaie.
Un pays ne peut être souverain s’il ne contrôle pas sa monnaie
Pour ne pas subir l’incohérence du Système Monétaire Européen (SME) : Le contrôle des taux par la BCE pour toute l’Europe et l’obligation qui est faite aux pays membres de contrôler leurs déficits constituent l’incohérence majeure du système monétaire européen. Le déficit public de chaque état est directement dépendant de la croissance incontrôlable sans maîtriser les deux outils économiques que sont la monnaie et les taux d’intérêts. En privant les états membres de la politique monétaire, tout en leur laissant l’entière responsabilité budgétaire, l’UE les met dans l’impossibilité de contrôler sainement leur déficit. Cela crée une incohérence majeure dans un système qui conditionne malheureusement au premier plan notre économie. La preuve nous en est donnée tous les jours par les déficits des principaux états membres, qui sont toujours supérieurs aux limites fixées par l’UE pour l’accès et le maintien dans l’union monétaire. Ils sont souvent maintenus artificiellement au détriment de la dette.
Les critères de convergence, d’adhésion et du maintien dans l’Union Européenne et Monétaire (UEM), matérialisée par l’euro, créent une situation conflictuelle entre la BCE et les gouvernements qui nuit à la croissance économique, la BCE refusant de baisser ses taux tant que les gouvernements n’ont pas réduit leurs déficits. Au final les taux d’intérêts restent élevés, ou pour le moins immobiles car les états membres sont seuls responsables de leur déficit qui en général a du mal à atteindre les limites fixées. La croissance ne peut pas profiter d’une baisse de taux pour être relancée. C’est ce qui se passe continuellement depuis la création de l’euro. Il faut ajouter à cela l’étroitesse d’esprit économique des dirigeants de la BCE qui semblent ne se préoccuper que de l’inflation, comme si un système aussi complexe que l’Europe, avec toutes ses implications sociales et économiques, pouvait être réduit à un simple indicateur d’inflation.
Une politique monétaire erronée est le plus grand danger économique.
Pour retrouver le contrôle de notre économie : Le principal instrument économique est le contrôle des taux d’intérêts par la banque centrale, qui influe directement sur la croissance et le cours de la monnaie. C’est ce que les Américains ont réussi à démontrer avec leurs excellents résultats économiques, depuis qu’ils pilotent leur économie grâce à la régulation de leurs taux d’intérêts. Le suivi de l’inflation, du taux de chômage, de la productivité et des principaux indicateurs économiques leur permet d’ajuster leur taux de base qui se confirme de plus en plus comme le principal régulateur de la croissance économique. Cela leur permet d’afficher depuis plusieurs années des résultats exemplaires. Près de 4% de croissance, inflation contrôlée de moins de 2%, chômage autour de 5%. Nous par contre, depuis l’euro, notre croissance stagne autour de 1,5%.
Pour ce qui est de l’intérêt de la stabilité monétaire européenne, c’est surtout les pays à la main d’œuvre la moins chère qui en profitent, bénéficiant du grand marché européen pour doper leur croissance. Grâce à l’appréciation de l’euro, notre balance commerciale aurait dû s’améliorer, or c’est le contraire qui s’est passé, et avec une accélération jamais connue jusqu’alors, car avec la baisse de notre pouvoir d’achat, notre consommation s’est plutôt orientée vers les produits bon marché en provenance de Chine, en synchronisation parfaite avec la montée en puissance de la croissance Chinoise. Plus l’euro monte, plus nos exportations souffrent, et plus les produits chinois baissent. Notre balance commerciale n’a cessé de se dégrader depuis l’introduction de la zone euro, et de la politique commune des taux d’intérêts, pour passer après 15 ans d’améliorations d’un excédent de 18 milliards d’euros en 1998, à un déficit record de 20 milliards en 2005.
Contrôler sa monnaie, c’est pouvoir contrôler ses taux d’intérêts, et donc sa croissance.
Pour mettre fin à la perte progressive de notre pouvoir d’achat : La croissance américaine s’est faite au détriment de l’Europe et principalement de la nôtre, par le déséquilibre constant des taux d’intérêts maintenu par la BCE (en 2005 : 1,4% en France, 1,8% pour l’UE, 4% aux Etats-Unis). La France ne peut utiliser l’instrument des taux d’intérêts car elle est totalement dépendante de la BCE qui fixe et contrôle ces taux en toute liberté. Le différentiel de taux d’intérêts entre les USA et l’UE en maintenant un Euro fort est la principale raison de notre faible croissance depuis l’introduction de l’euro, croissance qui est directement liée à notre pouvoir d’achat.
Si l’euro assure ipso facto la stabilité monétaire entre les pays européens, la BCE, plutôt que de rechercher la stabilité face au dollar et au yen, l’a propulsé au rang de super devise pour tous les spéculateurs internationaux. L’euro est devenu ainsi grâce à son développement la clé des principaux contrats du Forex, le marché des changes international, ce qui a favorisé sa progression face au dollar. Ce que nous ne sommes pas du tout sûrs d’avoir gagné au niveau de l’Europe, nous sommes sûrs de l’avoir perdu dans nos exportations avec la montée de l’euro.
Si une bonne partie des Français semble être encore favorable à l’euro, il faut les trouver parmi les privilégiés qui ont vu leur capital fructifier suite à la spéculation qui a bénéficié aux détenteurs d’actifs et de biens immobiliers. Les salariés ont vu par contre leur pouvoir d’achat sérieusement affecté, et ceux qui n’ont pas la chance d’être devenus propriétaires avant la flambée de l’euro immobilier se demandent s’ils pourront un jour le devenir.
Pour garantir notre démocratie : Un pays n’est pas démocratique si les citoyens ne peuvent avoir aucun contrôle sur leur monnaie qui est la clé de leur économie et de leur indépendance. Il n’y a rien d’absolu en économie. Il n’y a que des tendances que l’on peut privilégier en fonction de nos aspirations. La croissance, l’emploi, l’harmonie sociale, la sécurité, la qualité de vie, le temps libre, la santé et l’écologie sont autant de choix que l’on peut privilégier dans nos décisions démocratiques et qui dépendent de nos choix économiques. Ce n’est pas parce que la croissance crée des emplois qu’elle seule peut le faire. La croissance est surtout une nécessité dans un monde organisé autour du libéralisme, car elle est élevée au rang de référence et devient une obsession pour toutes nos décisions. Comme la modération, la stabilité a « bien meilleur goût ». Mais comme on confond libéralisme avec économie, l’appétit financier nous condamne à la croissance. Cela ne veut pas dire qu’il faut refuser la croissance, mais on doit l’envisager en rapport et en harmonie avec tous les autres facteurs économiques et sociaux, et décider démocratiquement de leurs priorités. La banque centrale d’une république ne peut donc pas être indépendante, sa monnaie encore moins car elle conditionne à elle seule le destin de tous les individus. Or la BCE qui gère l’euro est totalement indépendante, ce qui rend ipso facto l’Europe non démocratique. Plus on avance dans l’Europe et dans l’euro libre et indépendant, plus on perd de notre pouvoir démocratique.
Pour lutter efficacement contre le chômage : Tous les économistes modernes et nos dirigeants nous disent que le chômage dépend principalement de la croissance. Il paraît donc difficile de lutter efficacement contre le chômage sans pouvoir contrôler cette croissance, pour les raisons que l’on a vues plus haut. Notre monnaie conditionnant fortement notre économie malmenée par l’agressivité de la compétition, on voit mal comment on pourrait laisser à d’autres l’avantage décisif de cette arme dans la concurrence internationale. Pour faire face à notre problème de chômage, sans doute le plus important de tous les pays européens, nous aurons bien besoin de tous les outils disponibles pour dynamiser notre économie, et contrôler notre monnaie est bien l’un des principaux.
Quels sont les risques d’une sortie de l’euro : Selon une étude très sérieuse des analystes financiers de la compagnie Standard & Poor’s en 2006 la France ne subirait pas de dommages d’un retour au franc, mais serait au contraire la plus grande bénéficiaire dans l’Europe pour la réduction de sa dette, qui pourrait baisser de 130 milliards d’euros (14%). Pourquoi cela ? Parce que contrairement aux idées reçues, Standard & Poor’s estime que le franc aurait plutôt tendance à s’apprécier (propos recueillis dans l’expansion en mai 2006). Le retour à la monnaie nationale ne serait en aucun cas traumatisant comme le passage à l’euro car la valeur du franc nouveau pourrait partir très certainement de la valeur actuelle de l’euro, ou un peu inférieure, dépendamment des orientations économiques décidées. La tendance à l’éclatement de la zone euro risquant fort de se préciser, il ne faudrait pas que la France soit à la traîne de ce nouveau mouvement, car elle en serait alors doublement et peut-être catastrophiquement pénalisée. Le meilleur moyen pour se défendre donc d’une évolution qui semble de plus en plus évidente, c’est de devancer ses concurrents. Ne devrait-on pas rappeler que déjà dans l’histoire en 1929 l’union monétaire européenne de l’époque avait éclaté pour les mêmes raisons : une impossibilité à concilier et satisfaire les intérêts des participants, attachés à leur souveraineté.
En économie, il n’y a plus de place pour l’idéologie, l’euro en est la preuve flagrante.
Un site intéressant sur la sortie de ll'euro : http://sortirdeleuro.over-blog.com



