Toutes les charges qui pèsent sur les salaires en France sont une véritable hérésie dans une société malade du chômage. Comment espérer sortir du cercle infernal de l’emploi quand les revenus du travail sont soumis à 67% de taxes et charges sociales. Les salaires font l’objet à eux seuls de plus de 50 prélèvements différents. Toute cette taxation ne suffit-elle pas à comprendre le problème majeur de l’emploi dans notre société. Le chômage est devenu le principal ennemi de nos sociétés modernes qui demandent de plus en plus de protection sociale et font face à une concurrence jusqu’à dix fois moins chère. Pourtant les charges qui pèsent sur les entreprises et sur les emplois sont devenues au fil du temps le premier impôt des entreprises, représentant 67% de leurs prélèvements. Les charges sociales hormis la retraite représentent en France 35% des salaires bruts alors qu’elles ne dépassent pas 13% au Québec. Pourtant on est très bien soigné là-bas et les soins de santé sont entièrement gratuits. Dans ce même pays, l’ensemble des prélèvements est presque deux fois moins élevé que chez nous.
Notre système fiscal est devenu une véritable machine à générer du chômage, paralysant notre dynamique économique et la compétitivité de notre main-d’œuvre. Cette taxation pèse également un poids énorme dans la compétitivité de l’investissement international. Ceci est la toute première raison de notre faiblesse chronique de productivité. Ce système vieux de 60 ans a fait son temps et n’est plus adapté aujourd’hui pour pouvoir lutter efficacement contre la concurrence et protéger nos emplois. Il faudrait donc revoir entièrement notre fiscalité et considérer impérativement nos prélèvements sociaux comme des impôts à part entière pour pouvoir les gérer efficacement et diriger leur action fondamentale dans le bon sens économique.
La suppression de toutes les charges qui plombent nos entreprises permettrait de dynamiser énormément notre économie tout en rendant l’impôt plus équitable. Le remplacement de toutes ces taxes anti-économiques par une seule dont l’assiette pourrait être fixée sur la marge nette, permettrait de favoriser énormément l’emploi et valoriser le rôle social de l’entreprise. La compensation fiscale des secteurs les plus en difficulté se ferait naturellement et équitablement. L’équité du système se ressentirait efficacement à tous les niveaux puisque les entreprises aux marges les plus faibles seraient favorisées aux dépens des plus fortes. Au final, le principal impôt serait vraiment équitable, car il serait calculé directement sur le résultat même de l’activité économique, en prise directe avec la conjoncture. Surtout, la spirale négative de l’emploi serait inversée, car la déduction fiscale directe des salaires encouragerait les entreprises à embaucher, au lieu du contraire actuellement.
Nous n’aurions plus besoin de multiplier arbitrairement les avantages fiscaux pour tenter maladroitement d’aider les corporations en difficulté car la suppression de toutes les charges aurait un effet 10 ou 20 fois supérieur à toutes les compensations et aides fiscales coûteuses, compliquées et souvent inefficaces. Cela éviterait le maintien artificiel des corporations victimes de mutations économiques, ce qui ne fait que différer et aggraver un problème structurel. Cela permettrait également de donner une énorme réserve d’oxygène à toutes les corporations qui souffrent de la concurrence de la main-d’oeuvre, à toutes les jeunes entreprises en ne les taxant pas avant le moindre profit, à notre économie et au marché du travail en général. Les entreprises pourraient investir davantage car leur ponction fiscale serait totalement indexée sur leur marge bénéficiaire et non plus fixe et incompressible en cas de récession ou difficultés économiques. Celles qui emploient du personnel et qui embauchent ne seraient plus pénalisées par rapport aux autres et seraient récompensées à juste titre de leur action sociale pour l’emploi.
La dynamisation du marché du travail pourrait relancer à elle seule l’économie et lui permettre de s’autoalimenter. Il est donc temps de revoir toute notre architecture fiscale centrée autour d’une priorité : l’emploi.
Libérer l’emploi de la paralysie fiscale est le premier pas vers une vraie justice sociale



