Le système économique et social ne devrait pas être un phénomène ondulatoire car son élasticité nous fait subir des écarts incontrôlables et sa résonance peut engendrer les pires crises.
Le cycle de l’impôt est beaucoup trop long et imprécis. Entre le moment où l’on prépare le budget de l’état, la loi de finances, et le moment où l’impôt est payé par les contribuables, il peut s’écouler plus de deux années. Pendant ce délai entre la loi de finance et paiement de l’impôt, la situation des intéressés peut changer du tout au tout, et les plonger ainsi dans une situation précaire accentuant du même coup le déséquilibre économique. Comme chacun sait, vivre à crédit n’est jamais bon.
Notre budget est basé sur des estimations et des projections de croissance qui sont rarement atteintes, car il se passe toujours des évènements évidemment imprévus. Le temps nécessaire à l’intégration des mesures et incitations fiscales par les intervenants contribue également à accentuer l’effet d’accordéon économique et budgétaire. Le jeu des incitations fiscales, agissant sur ce même cycle, ajoute encore des événements non maîtrisés car on ne sait jamais comment va réagir la cible visée par les mesures décidées. L’inertie de l’impôt amplifie des cycles et des fluctuations économiques déjà très difficiles à maîtriser. Toute notre économie subit ainsi un véritable système ondulatoire, puissant, dangereux et incontrôlé.
Actuellement, nos recettes fiscales sont laissées à la merci de la spéculation individuelle et de la conjoncture économique. En plus de laisser à la disposition des gens de l’argent qu’ils ne possèdent virtuellement plus et qu’ils peuvent perdre, notre système devient de moins en moins efficace à mesure que les prélèvements augmentent, que la délocalisation fiscale devient plus facile, encourageant ainsi la malhonnêteté fiscale et donc l’inégalité sociale. Notre fiscalité est structurellement inadaptée aux contraintes économiques modernes car sa logistique coûteuse ne nous permet plus de contrôler les fuites. Augmenter les impôts pour palier aux déficits chroniques ne sert à rien quand une grande partie des contribuables peuvent échapper facilement à son payement, cela les accentue au contraire.
La contribution publique devrait être revalorisée, optimisée et ne plus permettre la moindre injustice ou inégalité, et en particulier celle de laisser la possibilité à une minorité de profiter des autres en ne payant pas sa contribution. Il est parfaitement possible de prélever l’impôt à la source pour toutes les contributions et supprimer du même coup le système déclaratif dont on connaît les limites et le poids psychologique important. Le prélèvement à la source permettrait de mieux synchroniser les recettes avec les dépenses, diminuant ainsi les risques causés par une récession économique éventuelle. Il permettrait également de simplifier toute notre gestion en transférant par exemple au réseau bancaire la responsabilité de la collecte des principales taxes.
L’impôt prélevé à la source a comme principaux avantages :
- simplification des procédures et de la fiscalité en général ;
- diminution du risque fiscal par synchronisation des recettes avec les dépenses ;
- l’impôt est plus juste car en prise directe avec les revenus ;
- plus de justice sociale car tout le monde est égal devant l’impôt ;
- dynamisation de l’économie par diminution du fardeau administratif ;
- économies d’impôts par la simplification de la gestion et du recouvrement.
Le prélèvement à la source est déjà utilisé avantageusement au Canada et en Suisse.
Le prélèvement à la source est une évolution indispensable vers une meilleure gestion collective



