L’entrepreneur est, a toujours été et sera toujours le seul moteur de l’économie. Les commerçants, artisans, patrons et créateurs d’entreprises (CAPCE) qui ne sont pas plus de 6% en France sont le cœur d’un système économique qui fait vivre 100% de la population. Fermez tous les magasins, et l’économie s’arrête. Plus d’entrepreneurs courageux, et plus de travail à donner. La croissance et la santé économiques d’un pays se mesurent avec son PIB, c’est-à-dire sa capacité à créer de la valeur ajoutée. L’administration est nécessaire pour gérer la logistique dont les individus ont besoin pour leurs échanges, mais seuls les CAPCE créent la dynamique économique qui est l’énergie de base du système. C’est pourquoi on doit accorder la plus grande importance aux CAPCE, véritable cœur et source de vie sans qui tout s’arrêterait. Si on ne peut que condamner socialement le capitalisme sauvage, on ne peut ignorer et refuser par contre la création de richesse par les entreprises, car c’est notre seul moteur économique.
Si on peut reprocher à certains employeurs leur tendance au despotisme suggéré par le pouvoir psychologique sur le travail, on devrait reconnaître à tous la valorisation et la légitimité de leurs bienfaits. Notre société devrait accorder plus d’importance stratégique aux CAPCE pour notre bien-être, et les choyer comme le plus précieux de nos biens et de nos ressources car ils sont le seul vrai moteur de notre économie. Leur donner toutes les facilités et tous les outils pour se développer est une nécessité afin de pouvoir construire un réseau d’entreprises profitables et compétitives. Il faut donc faciliter et développer la création d’entreprise et la croissance pour rééquilibrer le rapport de force employeur-employé, et non pas au contraire freiner la synergie par une législation trop restrictive.
Yvon Gattaz, ex-patron des patrons sait de quoi il parle quand il dit que pour créer une entreprise, il faut seulement 2% de finances et 8% de compétences, mais surtout 45% « d’inconscience » et autant de « vaillance ». C’est cela la vraie réalité française aujourd’hui en ce qui concerne la libre entreprise. Cette réflexion illustre bien le cœur du problème, car la création d’entreprise tient plus du parcours du combattant que de la belle aventure entre copains. Et pourtant, le commerce n’a rien de mystérieux. Il existe de très bonnes écoles de commerce dont les résultats et les concepts ne font l’objet d’aucune polémique. Malheureusement, le commerce ne jouit pas chez nous d’une réputation et d’une place à la hauteur de son importance et de son intérêt, et nous sommes loin d’être une référence dans le monde pour notre sens commercial et pour notre sérieux en matière de business. Comme la politique, c’est toute une culture qu’il faut reprendre, et c’est la bonne direction pour pouvoir équilibrer l’offre et la demande, et créer durablement des emplois véritables. En tout cas, il faut se hâter de cultiver la libre entreprise pour dynamiser le cœur de notre centrale d’énergie économique. En premier lieu, il faudrait simplifier drastiquement les procédures administratives, libérer toutes les entreprises des charges qui les étouffent, et reporter la ponction fiscale sur les marges de profit dans une nouvelle fiscalité.
Les revenus du capital constituent à eux seuls en France près de 50% du PIB national, c’est-à-dire autour de 800 milliards d’euros. C’est dire à quel point les ressources financières ne manquent pas chez nous. On pourrait donc obtenir des résultats étonnants en matière de création d’entreprises réussies et profitables si on donnait aux entrepreneurs potentiels les outils suivants :
- donner un libre accès à toutes les statistiques économiques et commerciales disponibles ;
- mettre en place un centre d’étude et d’observation des nouveaux marchés ;
- développer les études de marché nationales et internationales ;
- développer les formations professionnelles au commerce, à la création et à la gestion d’entreprise ;
- développer l’encadrement par des experts du commerce et de la gestion ;
- développer les financements pour les candidats bénéficiant de l’encadrement mis en place ;
- organiser le suivi de professionnels (anciens par exemple) pouvant assurer le conseil nécessaire ;
- fournir gratuitement les ressources humaines disponibles de la communauté.
Si tout le monde savait à quel point le commerce n’a rien de mystérieux, beaucoup se précipiteraient pour créer leur entreprise. La collectivité a donc le devoir de former et de donner les moyens de le faire. Elle ne doit pas au contraire prendre en otages ceux qui ont le courage de s’aventurer dans le jeu économique.



