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EFFICACITE

Mercredi 8 mars 2006

C’est un secret de polichinelle, si l’on suivait les recommandations de la cour des comptes, on pourrait économiser chaque année l’équivalent de l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire 56 milliards d’euros. Ceci met donc en évidence en premier lieu l’importance de l’inefficacité de notre administration. Les rapports de la cour des comptes ne sont en effet suivis d’aucune suite, et personne ne s’en inquiète.

 

Ce sont avant tout les chefs qui donnent l’exemple et qui conditionnent les résultats de toute la chaîne qu’ils animent. Il n’est donc pas étonnant de constater une inefficacité globale en France. Michel Rocard a confessé lors d'une émission TV : « il est rare qu'on réfléchisse à ce que l'on fait en politique ». Pour Alain Juppé, même confession aussi naïve, il a avoué qu'il « n'aurait jamais pensé que ses initiatives puissent avoir de telles conséquences ». Charles Pasqua, lui a osé dire : « les promesses n'engagent que ceux qui les croient ». Pas étonnant donc que tout aille si mal dans le service public chez nous. Il y a donc une tradition d’indifférence notoire aux bilans de notre nation. Il serait bon que cela change.

 

La gestion de l’état devrait être comparable à la gestion privée des entreprises qui ont fait la preuve de leur rentabilité et de leur efficacité. L’état quant à lui a fait la preuve du contraire dans la perpétuation des déficits. Il faut généraliser et imposer la notion de rentabilité dans le service public, et ne plus subir son inefficacité sous prétexte de son importance stratégique. La délégation des services publics à des entreprises privées constitue un renoncement à assurer la rentabilité du service public, et un encouragement à la gabegie. L’état n’ayant pas pour vocation de faire des bénéfices, le coût final devrait être inférieur. Si le coût des services est beaucoup plus élevé en interne, il faut peut-être aller chercher l’explication du côté de la corruption, du laxisme, et du gaspillage. Tout cela pouvant être évité si on en montre la volonté car n’importe quel travailleur répond à un besoin naturel de faire son travail du mieux possible. Mais la meilleure volonté est anéantie par l’inertie de la masse . La volonté est une énergie qui se transmet. L’exemple qui doit être manifesté ne peut venir que d’en haut, c’est-à-dire de notre président, de nos ministères et de notre structure gouvernementale. Notre pays n’est pas capable de réduire efficacement et durablement les dépenses publiques, car aucun de nos technocrates n’est capable de montrer l’exemple de rigueur et de renoncement aux nombreux privilèges qui leurs sont offerts. Que nos ministres et nos députés commencent par réduire leur train de vie, ils pourront alors exiger et obtenir un peu plus d’économies de notre service public en général. Plus de 20.ooo euros par mois pour des députés qui se font remarquer par leur absence à l’Assemblée, 30.ooo pour un ministre, voiture et chauffeur fourni, plus le budget de son ministère, voilà de bonnes marges de manœuvre pour donner l’exemple d’économies possibles. Le cumul des mandats, maintes fois dénoncé, serait le premier exemple à donner d’économies de gestion vu les traitements et salaires alloués à chaque charge.

 

Les comptes de l’état ne devraient pas être déficitaires. Nous payons de toute façon ce déficit qui n’est que le résultat d’une mauvaise gestion. De même que l’état doit arrêter de jouer sur les incitations fiscales pour piloter l’économie, il ne doit pas utiliser le déficit pour relancer l’économie, et devrait s’interdire tout déficit en obligeant tous ses intervenants à respecter leur budget. Éliminer la possibilité structurelle d’un déficit serait un premier pas vers l’assainissement durable et la stabilité des finances publiques.

 

la qualité n'est pas chère, elle n'a pas de prix

 
Par jean-marc
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